Pour le lumpenprolétariat ivoirien et la classe moyenne,  la cherté de la vie n’est point une  figure de rhétorique, ni une allégorie ayant pour objet d’importuner le pouvoir ou de faire le jeu de l’opposition (c’est la même chose, au final), mais la réalité voire  le quotidien des habitants de ce ‘’bout  de terre’’ qu’on appelle la Côte d’Ivoire. A la vérité,  la cherté de la vie est un phénomène prégnant qui ‘’érode’’ et ‘’entache’’ la dignité du père de famille incapable de faire face aux besoins vitaux de sa maisonnée. Il  se sent alors rabaissé, diminué et, surtout, inutile pour sa progéniture à qui il ne peut offrir le nécessaire pour lui permettre de mener une existence décente à défaut d’être épanouie. C’est en cela que la cherté de la vie est une abomination. C’est un ‘’cancer’’ pour la société et une hantise pour le pouvoir, car elle peut parfois conduire aux pires extrémités. Notamment, des révoltes ou des soulèvements populaires. ‘’L’homme qui a faim n’est pas un homme libre, celui qui est écrasé par les préoccupations matérielles n’a ni la volonté, ni la force, ni le courage de s’élever au-dessus des contingences immédiates et de se conduire en être pensant’’, a dit le président Houphouët. Il parlait d’or. Or, beaucoup de familles ne mangent pas à leur faim. Quand d’autres habitent des maisons de fortune faute de moyens  pour s’offrir des logements décents, le coût du loyer étant hors de portée des ‘’économiquement faibles’’ ;  d’autres encore manquent de tout. Et pourtant, pour ce qui concerne le logement, le gouvernement avait décidé de mettre de l’ordre dans le secteur. Ce qui s’est traduit par la réduction drastique du taux de la caution  et des avances de loyer qui constituaient un élément dirimant pour de nombreuses familles en quête de logement. Mais, le problème, c’est que cette décision qui participait de la volonté du pouvoir à ‘’édulcorer’’ les difficultés des Ivoiriens s’est révélée être un ‘’vœu pieux’’ sur le terrain ; puisque c’est toujours le statu quo ante, les propriétaires de maisons se montrant rétifs. Dans le même temps, le prix des denrées de première nécessité ne baisse pas. Quant aux factures de la Sodeci et de la Cie, elles continuent de ‘’couper’’ l’appétit des pères de famille qui n’en peuvent mais… Franchement, y’en a marre de cette vie…chère, alors que l’on nous fait miroiter l’émergence présentée comme un autre âge d’or pour les Ivoiriens (après les années du ‘’miracle ivoirien’’). CQFD.

Tassigny Auriol

 

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