Candidate au poste de délégué au Conseil Supérieur des Burkinabè de l’Etranger ( CSBE), Mme Sonia Kaboré s’est ouverte à Informateur.info. Dans l’entretien qui suit, elle donne les raisons de sa candidature et de son combat pour la cause de la femme burkinabè en Côte d’Ivoire.

Informateur.info : Mme Sonia Kaboré, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs ?
Mme Sonia Kaboré : Très bien, je suis Mme Sonia Simporé épouse Kaboré, j’ai été Secrétaire de direction pendant 5 ans avant de me lancer dans l’entrepreunariat.
Pourquoi vous intéressez-vous au Conseil Supérieur des Burkinabè de l’Etranger?
Je m’intéresse au CSBE parce que je m’investis depuis longtemps dans la vie des Burkinabè de Côte d’Ivoire. Je lutte beaucoup pour l’émancipation des femmes de mon pays d’origine, le Burkina Faso. Ce qui me branche le plus c’est l’autonomisation des femmes parce que les femmes burkinabè sont démunies. En outre, il y a beaucoup d’analphabètes dans nos rangs. La plupart ne savent pas monter un projet. Je me bats beaucoup à ce niveau. C’est ainsi qu’avant la chute de l’ancien président Blaise Compaoré, je me suis rendue à Bafora, au Burkina, où j’ai prononcé un discours le 8 mars 2014 pour sensibiliser l’ancien gouvernement à la problématique de l’autonomisation des femmes. J’ai toujours demandé de l’aide pour les femmes qui ont besoin de micro-crédits pour se prendre en charge. C’est mon combat ça. Si je suis donc élue au CSBE, j’accorderai la priorité à la cause des femmes pour leur émancipation. Les hommes ne seront, pour autant, pas délaissés parce que ce sont nos époux, nos frères, nos enfants.
Vous n’ignorez cependant pas que le CSBE, c’est du bénévolat, vous n’aurez donc pas un budget pour mener vos activités …
Oui, je le sais. Il y a longtemps que je suis dans le bénévolat. Ceux qui me connaissent peuvent témoigner. J’ai mené des actions en direction du président Blaise Compaoré, je l’ai relevé tantôt ; je suis intervenue auprès de Michel Kafondo et Isaac Yacouba Zida, pendant la Transition. Quand je prends de mon temps pour aller vers mes compatriotes afin de lister leurs difficultés et préoccupations, mais aussi leurs attentes, tout ça c’est du bénévolat.
Si vous êtes élue, quelle serait la première action que vous mèneriez, en raison de son urgence?
Ce qui me tient le plus à cœur, c’est l’union des Burkinabè, parce que j’estime que notre communauté est trop divisée. Il y a trop de querelles de chefs et de leadership. C’est une tendance qu’on observe aussi bien au niveau des hommes qu’à celui des femmes. Je le déplore. Surtout que je constate qu’au niveau des autres communautés, il y a plus de cohésion et d’unité. Tout n’est certes pas rose chez les autres, mais on devrait faire l’effort d’être moins divisés. Ce sera la première action que j’entends mener si je suis portée à la tête du CSBE-Côte d’Ivoire. Je ne suis pas Mère Theresa mais je compte m’impliquer davantage pour qu’on soit un peu moins divisés. Cela est une préoccupation majeure pour moi.
C’est vrai, vous avez eu à vous exprimer à certaines occasions, mais quelle démarche avez-vous faite concrètement pour vous faire entendre par le pouvoir au Burkina Faso ?
Pour le moment, je n’ai pas encore fait de démarches formelles, mais j’ai eu à faire des discours à l’attention du président Roch Marc Christian Kaboré et je pense qu’il a entendu. J’ai plaidé la cause des femmes. Je lui ai envoyé un message par le canal de certaines délégations et je crois qu’il l’a reçu en attendant que je sois face à lui si je suis élue.
Plusieurs fois évoqué, mais jamais concrétisé, le vote des Burkinabè de l’Extérieur est finalement annoncé pour 2020. Cela vous intéresse-t-il de pouvoir voter?
Même en rêve, je suis intéressée, disons à 300% ! C’est un sujet d’intérêt qui nous mobilise tous. Nous sommes des citoyens burkinabè à part entière et non entièrement à part. Il faut donc que nous exercions notre devoir civique au même titre que nos compatriotes qui sont au pays. Ce n’est pas parce que nous sommes à l’extérieur que nous sommes moins Burkinabè. En tout cas, le vote des Burkinabè de l’Extérieur, s’il venait à se concrétiser, réparerait un tort voire une grosse injustice ; parce que, voyez-vous, le fait de ne pas voter fait de nous, un peu, des ‘’apatrides’’ ; puisque, non seulement, nous ne pouvons voter dans le pays d’accueil, mais nous ne pouvons non plus voter dans notre pays d’origine. C’est une situation fort déplaisante. On espère donc vivement qu’à partir de 2020, nous pourrons enfin accomplir notre devoir civique, un acte de haute portée. Ce sera la preuve que notre pays s’intéresse à nous. C’est gratifiant.
Quel est votre mot de fin, surtout à l’endroit des femmes ?
Je voudrais demander aux femmes de se faire massivement enrôler pour aller voter le 1er juillet 2018, jour de l’élection des délégués du CSBE. Surtout pour élire la seule femme en lice. Mon combat est leur combat. On ne me vote pas pour moi-même, mais pour les idées que j’entends défendre et qui se résument, pour l’essentiel, à l’autonomisation et à la promotion de la femme burkinabè. Tout le monde ne peut pas se lever pour défendre leur cause. Il faut un porte-parole pour le faire. Je suis leur porte-parole. Qu’elles se mobilisent pour me voter. Le combat continue.

Réalisée par René Ambroise Tiétié

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