La mairie de Port-Bouët a été citée dans une affaire de fausses taxes au cours d’une conférence de presse de la Coopérative des commerçants de bétails et courtiers de la région des Lagunes (CBCRL), portant sur les frais et taxes dans le secteur de la commercialisation des bovins et ovins en Côte d’Ivoire. La conférence s’est tenue à l’abattoir le mardi 6 février 2018.
En effet, selon les dirigeants de la CBCRL, certains membres du Conseil municipal de la commune de Port-Bouët, en collaboration avec un groupe de la Fédération nationale des commerçants de Côte d’Ivoire (FENACI), ont mis en place une taxe, en dehors de celles prévues par les autorités régulatrices de la filière bétail, que les commerçants doivent payer. Dénommé ‘’Frais de fût’’, cette nouvelle taxe, consiste, entre autres, à «prélever la somme de 15.000 FCFA sur les wagons et les camions de bétails en provenance des pays de la sous région à destination de la Côte d’Ivoire», a expliqué le président de la CBCRL, Toé Seydou.
Poursuivant que «Ces frais ont été inventés de toute pièce par certains jeunes de la commune se réclamant de la FENACI, en collaboration avec le Conseil municipal de la mairie, avec à sa tête le maire intérimaire Touré Lasséni, pour escroquer et arnaquer les importateurs. Nous ne payerons aucun centime à ce syndicat, qui n’est pas l’un des syndicats de notre filière. Et si rien n’est fait cela pourrait engendrer des désagréments dans ce secteur très sensible», a lancé Toé Seydou. Il interpelle d’ailleurs le gouvernement ivoirien à se saisir de l’affaire, afin d’éviter une augmentation de la viande d’ovins et bovins sur le marché, ainsi que tous les désagréments que cette crise en gestation pourrait engendrer.
Outre les faux frais et taxes sur l’importation des bétails, la CBRL a indiqué par ailleurs que la FENACI, avec la supervision de la mairie, a saboté la Tabaski 2017. Selon cette coopérative, des membres de la FENACI, ont envoyé des loubards, lors de la foire de la fête de la Tabaski 2017, à l’abattoir de Port-Bouët, pour intimider les marchands. Obligeant ainsi certains d’entre eux à payer la somme de 7000 FCFA, pour des frais d’enclos. «C’est une véritable maffia qui est en train de naître au sein du secteur bétails et viande. Si rien n’est fait d’ici quelques années, le problème sera intraitable. Et pour ne pas jouer les médecins après la mort c’est maintenant que l’Etat doit agir en mettant fin à cette dérive», a martelé Moussa Zalé, le secrétaire général de la Coopérative des commerçants de bétails et courtiers de la région des Lagunes.
De son côté, la mairie de Port-Bouët, accusée par cette organisation, n’a pas pu donner sa version dans le cadre de cette affaire. Car les tentatives pour avoir sa ‘’part de vérité’’ ont été vouées à l’échec.
Précisons que les frais pour le contrôle sanitaire des bétails à l’abattoir de Port-Bouët, s’élèvent à 3.000FCFA, et sont versés directement au District d’Abidjan.
Pour les taxes vétérinaires chaque commerçant se doit de payer la somme de 200, par tête de mouton au service de contrôle. Ce montant est reparti comme suit : 150 FCFA pour le District et 50 FCFA pour la mairie. Pour des bœufs, chaque marchand paye 1350 FCFA par tête, dispatché entre le district (1250 FCFA) et la mairie (100 FCFA). Quant à la taxe de l’abattage et le contrôle sanitaire, les acteurs payent 3000 FCFA pour chaque bœuf et 700 FCFA pour les moutons. Ces montants sont également versés directement au District.

Georges Kouamé

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