La tournée africaine du président Emmanuel Macron marquera certainement la jeunesse burkinabè et au-delà, la jeunesse africaine. En effet, lors de son passage à Ouagadougou, au Burkina Faso, porte d’entrée de ce périple, il a eu des échanges fructueux avec les étudiants burkinabè à qui il n’a pas manqué de dire quelques vérités bien senties. Notamment, sur la question de la lutte contre le néocolonialisme et l’impérialisme dont de nombreux jeunes africains semblent s’être fait les hérauts exaltés. « N’ayez pas, sur ce sujet, une approche bêtement anti-impérialiste. Ça n’a aucun sens », s’est exprimé le président français qui s’est fendu d’une longue tirade aux allures de ‘’sermon’’ à l’endroit de la jeunesse estudiantine burkinabè. « Je suis comme vous d’une génération qui n’a jamais connu l’Afrique comme un continent colonisé. Je suis d’une génération dont l’un des souvenirs politiques est la victoire de Nelson Mandela et son combat contre l’impérialisme…C’est cela l’histoire de notre génération. Aussi, je me refuse à toujours revenir sur les représentations d’hier, il y a eu des combats, il y a eu des fautes et des crimes… Notre responsabilité n’est pas de rester dans ce passé », a assené Emmanuel Macron visiblement agacé par l’attitude de ceux qui continuent, des décennies après les indépendances, à rendre le colonialisme et l’impérialisme responsables des maux du continent africain. Macron invite la jeunesse africaine a opéré une rupture radicale avec cette vulgate ‘’passéiste’’ et ‘’vindicative’’ contreproductive pour les défis auxquels les jeunes sont appelés à faire face. A savoir, le chômage, le manque de perspectives, le manque criant de moyens pour se prendre en charge, le déficit de formation, etc.
A l’évidence, le président français a tapé dans le mille. De fait, depuis le temps qu’ils vitupèrent et dénoncent ce qu’ils appellent, avec une ‘’touchante’’ naïveté, le néocolonialisme ou l’impérialisme, qu’est-ce qui a changé dans le vécu des Africains ? Nada, rien. Alors, pourquoi ne pas changer de ‘’logiciel’’ comme le suggère Macron ? Pourquoi, les jeunes africains ne se détournent-ils pas de ce combat désuet, du passé et dépassé qui ne fait guère avancer leur cause ?
En tout état de cause, il est temps que la jeunesse africaine sorte ‘’des représentations d’hier’’ pour appréhender son avenir sans complaisance et sans oeillères. C’est une condition ‘’indépassable’’ de son accomplissement.

René Ambroise Tiétié

Articles connexes

Leave a comment