Le 11 octobre 2013, l’activiste pro-Gbagbo, l’Ivoiro-burkinabè Kima Emile est écroué à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Il est accusé d’escroquerie  portant sur la somme de 235 millions FCFA au préjudice d’un opérateur économique français. Dans le même temps, il  est aussi impliqué dans une autre affaire d’escroquerie portant sur plus de 11 millions FCFA au détriment  d’un ancien baron de l’ex-majorité présidentielle.

  • Descente aux enfers

Tout puissant sous le régime de l’ex-président Laurent Gbagbo, cet ancien leader de l’ex-galaxie patriotique passera plus d’un an dans le célèbre pénitencier de la capitale économique ivoirienne avant d’être élargi. Il met aussitôt le cap sur Ouagadougou, au Burkina Faso, où il s’invite dans l’implantation de la Nouvelle Alliance du Faso (NAFA) du général Djibrill Bassolé dont la candidature sera finalement retoquée par le Conseil Constitutionnel aux ordres d’une transition dont les malversations se ramassent à la pèle. N’ayant pas trouvé de terrain fertile au bercail, Kima Emile revient en Côte d’Ivoire où il est contraint de vivre dans une quasi-clandestinité. Faute de moyens mais également faute de perspective pour rebondir. Puis le conflit entre les ex-partenaires de Cimfaso Inoussa Kanazoé et Moussa Kouanda arrive comme du pain béni. Fin opportuniste, Kima Emile va s’inviter dans l’acte 2 de ce conflit. C’est-à-dire juste après qu’une tentative d’assassinat d’Inoussa Kanazoé par son ex-associé a été ébruitée par les fins limiers de la gendarmerie.

Il prend fait et cause pour le premier cité et porte un témoignage accablant  contre le second qu’il accuse d’avoir effectivement voulu attenter à la vie de Kanazoé. Mais, les éléments de la maréchaussée burkinabè découvrent très vite le pot-aux-roses et confondent le ‘’faux témoin’’ qui  séjourne  depuis plus de deux mois  à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Kima Emile aura donc quitté la MACA pour la MACO, preuve qu’il n’est pas près de changer et  semble  toujours attiré par le gain facile.

  • D’une prison à une autre

Certains estiment du côté de la lagune Ebrié que la descente aux enfers de l’ex-indicateur de la police judicaire, reconverti en 2007 président du Comité de soutien des Accords Politique de Ouagadougou (APO) ne fait que commencer. Puisqu’il pourrait être amené à rendre compte de ce qu’il a fait de l’argent qu’il a collecté  en 2010 auprès de la communauté Cedeao. En effet,  Kima Emile alors tout-puissant sous le régime Gbagbo avait lancé une opération de collecte d’argent auprès des ressortissants de la Cedeao peu avant la campagne électorale de 2010 ; au motif que ces fonds devraient servir à soutenir la Commission électorale indépendante (CIE).  Sept ans après, nul ne peut dire combien a été collecté. En revanche, on peut soutenir que l’argent n’a jamais été remis officiellement aux autorités ivoiriennes. Voilà un autre fait constitutif d’escroquerie à grande échelle qui pourrait reconduire un jour Kima Emile au ‘’gnouf’’. C’est donc peu de dire qu’il paie déjà pour les nombreux torts qu’il a faits à ses compatriotes après s’être servi  d’eux comme d’un  marchepied pour une gloire éphémère.

Jean François Fall

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