Candidat  au poste de délégué au Conseil Supérieur des Burkinabè de l’Etranger (CSBE), Kaboré Koudpiga Dramane,  opérateur économique, ambitionne de rassembler la Diaspora et de porter la cause des femmes de sa communauté dont il loue le courage et le dynamisme. Entretien

  • Informateur.info : Vous êtes de la Diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire. On peut savoir à quand remonte votre arrivée dans ce pays?

Je suis né en Côte d’Ivoire, précisément à Marcory, le 02 avril  1977;  c’est mon père qui est venu du Burkina. J’habite la commune de Koumassi.

  •  Vous briguez le poste de délégué Csbe. Quelles sont vos motivations, pourquoi ambitionnez-vous d’occuper ce poste?

Je ne vais pas être long. La première chose qui me motive c’est la nécessité de l’union et de la cohésion entre les membres de notre grande communauté. On est divisés et cela m’interpelle en tant que leader d’opinion. Il y a longtemps que je me bats pour qu’on soit unis. J’ai été  le président de la jeunesse Cedeao de 2013 à 2014. J’ai aussi été le président des jeunes burkinabè de Treichville, j’ai été le coordonnateur du mouvement M23 dont je suis l’un des membres fondateurs. Bref, c’est pour vous dire que je me bats pour la communauté. Je n’attends pas d’être forcément  délégué Csbe pour m’engager auprès de la Diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire. Je pense humblement que ce poste pourrait m’aider à mieux poursuivre le combat que j’ai commencé. Ma candidature est donc une suite logique de mon engagement.

  •  Pouvez-vous décliner les grands axes de votre programme?

La première chose à laquelle j’entends m’attaquer si je suis élu, c’est de réconcilier les membres de notre communauté. Il y a trop d’incompréhensions et de divisions en notre sein. Ensuite réconcilier les Burkinabè avec les Ivoiriens, parce que vous n’ignorez pas qu’il y a eu beaucoup d’inimitiés entre nos ‘’tuteurs’’ et nous. Des Burkinabè ont été pris à partie à chaque crise que ce pays a connue depuis 1999. Il faut solder tout ça pour raffermir nos liens avec nos frères ivoiriens. On a tellement de choses en commun. L’autre chantier  auquel je vais me consacrer, si je suis porté à la tête de la délégation Csbe, c’est la cause des femmes burkinabè qui ne sont pas assez défendues de mon point de vue. Je compte me battre pour la promotion de leurs droits et leur autonomisation. Elles font beaucoup pour nos familles respectives. Je vois qu’elles n’ont pas de soutien. Et pourtant, elles occupent une place centrale dans notre communauté.

  • Vous avez tout à l’heure relevé le fait que la Diaspora burkinabè n’est pas unie. Qu’entendez-vous faire concrètement pour contribuer à changer les choses pour plus de cohésion et d’union ?

Cette division prend souvent ses racines dans la politique. La communauté est trop politisée. On a de nombreuses associations qui se disent de la société civile mais qui font de la politique. Or, on le sait, en Afrique, la politique est source de divisions. Je vais donc appeler les uns et les autres à dépolitiser toutes ces structures qui ont vocation à animer le débat citoyen. Et puis, l’autre cause, c’est les querelles de leadership ou ‘’guerres’’ de chefs. Il n’est pas rare de voir de grandes personnes se bagarrer pour une affaire de chefs. Nos autorités sont informées mais, elles ne s’impliquent pas ou pas assez pour trouver des solutions à ce problème. Le  Burkinabè aime qu’on l’appelle ‘’naba’’ (Ndlr : chef). Or, tout le monde ne peut pas être chef dans une communauté. Je compte plaider auprès de l’Ambassadeur et du Consul général pour qu’ils prennent ce problème à bras le corps. Ce sera l’un de mes chevaux de bataille, si bien sûr, je suis élu. J’ai eu la chance d’apprendre aux côtés de l’ancien président des Burkinabè en Côte d’Ivoire, El Hadj Gougnan Amadou. C’était un homme d’une grande sagesse. Je crois que c’est sa place qu’a prise le président Salogo Mamadou. Avec le vieux Gougnan, on a mené beaucoup d’actions en direction de la communauté.  On est même allé à la Maca, à Yopougon, pour faire des dons aux prisonniers.

  •  Ce n’est un secret pour personne, les Burkinabè sont beaucoup impliqués dans les conflits fonciers. Qu’entendez-vous faire une fois élu, pour aider à trouver des solutions pérennes à ces problèmes qui se terminent parfois dans le sang ?

C’est vrai, la communauté burkinabè est beaucoup impliquée dans les histoires de forêts. Vous savez, quand ils sont arrivés en Côte d’Ivoire, nos parents ont commencé à travailler la terre. C’est ce qu’ils savaient le mieux faire. Mais pour la grande majorité c’étaient des analphabètes. Ils ne réclamaient donc aucun papier lorsqu’ils mettaient certaines parcelles en valeur. Nous, les leaders de la Diaspora, nous avons le devoir de nous impliquer pour régler ces problèmes qui sont source de tension. Nous allons donc partir vers les autorités pour leur demander de sensibiliser aussi bien les autochtones que les allochtones à cette problématique. A cet effet, nous comptons faire des tournées à l’intérieur du pays pour demander à notre communauté de privilégier la voie de la discussion et du dialogue avec leurs tuteurs pour trouver des compromis dynamiques.

  •  Revenons, si vous le voulez bien, à l’élection des délégués Csbe. La campagne va s’achever le 29 juin. Comment la menez-vous ?

Je vais vous surprendre mais, je n’ai pas besoin de battre campagne. Je ne le dis pas par forfanterie. La communauté burkinabè me connait. Mon image et ce que j’ai déjà fait, parlent et plaident pour moi.  De plus, j’ai des associations qui mobilisent pour moi. Je suis, par ailleurs, le Secrétaire général d’une association de ressortissants burkinabè qui est très connue dans la Diaspora. Il y a aussi l’association des jeunes burkinabè de Treichville ; j’ai également été membre d’autres associations. On me connait donc sur le terrain et je suis connu pour ma capacité de mobilisation. Je n’aime pas beaucoup le bruit, j’aime poser les actes, moi je travaille. Je peux dire que j’ai le soutien de mes compatriotes en Côte d’Ivoire.

  •  Quel message entendez-vous lancer à vos concurrents et à la communauté ?

Je voudrais demander à mes concurrents d’être modérés dans leurs propos, de ne pas injurier, d’éviter la violence. L’objectif, c’est de contribuer au développement du Burkina Faso qu’on aime tous et au raffermissement des liens entre les  peuples ivoirien et burkinabè. C’est dans la solidarité et la paix qu’on peut le faire. Après la campagne, on va toujours être ensemble. Qu’on ne perde pas ça de vue. Aux électeurs, je demande de choisir celui qui pourra vraiment les servir par sa disponibilité et son sens des responsabilités. Le copinage n’a pas sa place ici. Il faut donc privilégier le mérite et non les affinités. Je souhaite, pour finir, que le meilleur l’emporte au soir du 1er  juillet 2018.

Réalisée par René Ambroise Tiétié

 

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