En partenariat avec l’Ambassade de Grande-Bretagne, l’Union nationale des blogueurs de Côte d’Ivoire (Unbci) a initié, ce vendredi 09 mars 2018, une formation sur le ‘’checking the facts’’ dans un réceptif hôtelier de la place.

Cette formation dispensée par des professionnels triés sur le volet a permis d’aborder différentes thématiques aussi variées qu’édifiantes. Notamment, comment vérifier l’information en période électorale ; le fact-checking ‘’participatif’’ ; démonter une rumeur, traquer les imprécisions, vérifier les chiffres ; contrôle citoyen de l’action publique ; décrypter et faire le tri dans ses informations ; etc. Ces thématiques ont été tour à tour développées par le Pr Samba Diarra, homme de média ; Sylvie Touré, journaliste à la RTI ; André Sylver Konan, journaliste à Jeune Afrique, analyste politique ; Wakili Alafé, journaliste, patron de presse ; et bien d’autres. Dans son exposé, Pr Samba Diarra a attiré l’attention de l’auditoire sur la qualité de la source de l’information que l’on reçoit. Pour lui, il faut parfois ‘’se méfier de la source’’ et ne pas tout prendre pour ‘’argent comptant’’. Sylvie Touré a, quant à elle, centré son intervention sur les ‘’fack news’’ qui sont devenus un phénomène de mode, au point où certains médias se sont spécialisés dans ce ‘’genre’’. C’est d’ailleurs pour débusquer les rumeurs ou ‘’fack news’’ que RTI infos qui est ‘’l’offre digitale’’ de la télévision nationale a créé une communauté de ‘’vérificateurs’’ dont le rôle est de vérifier le degré de crédibilité des informations qui parviennent à ce segment. Pour André Sylver Konan, une rumeur implique parfois une ‘’demi-vérité’’ mais traduit rarement toute la ‘’vérité’’. Il a, en outre, invité l’assistance , en guise de méthode ‘’anti-rumeur’’, à toujours ‘’demander sa source à la source’’. Cependant, il reste convaincu que la persistance de la rumeur traduit la ‘’faillite de la réflexion’’. Car pour lui, la rumeur constitue ‘’un défi’’ à ‘’notre sens critique’’. Il a ensuite donné 3 règles d’or pour ‘’démonter’’ la rumeur : ne jamais propager une rumeur ; demander sa source à la source et faire soi-même sa propre recherche en évitant de ‘’hurler avec les loups’’. «Prenons notre part à l’éveil des consciences», a-t-il lancé, avant de se réjouir de ce qu’une nouvelle conscience est en train de naître. Il en veut pour preuve l’affaire Bouba qui n’aurait pas connu une telle médiatisation et un tel dénouement si les réseaux sociaux ne s’en étaient pas mêlés. Wakili Alafé demande, pour sa part, que l’on interroge la ‘’crédibilité de la source qui émet l’information’’. Il faut savoir qui a émis l’info. Ensuite, il est important de ‘’recouper l’information’’ pour éviter de se faire ‘’manipuler’’. Ces règles basiques représentent à ses yeux ‘’le B.A ba’’ du travail de collecte des informations. Il appelle aussi les uns et les autres à faire le tri des informations qu’ils reçoivent. A surtout vérifier également la date de l’info, même si une information ne ‘’meurt jamais’’. Il met aussi en garde contre les images qui peuvent abuser le lecteur ou l’internaute. Le patron de L’Intelligent d’Abidjan est revenu sur le phénomène des ‘’fack-news’’, avant d’exhorter l’assistance à respecter les règles du journalisme. « Il faut des règles pour être journaliste. Il faut donc que chacun respecte les balises et les garde-fous qui définissent et encadrent le métier de journaliste. Tout le monde ne peut pas être médecin. Alors pourquoi, tout le monde veut être journaliste?», s’est-il interrogé.
Cette formation a été sanctionnée par une attestation prouvant la participation des ‘’récipiendaires’’ à cette journée d’échanges entre journalistes et personnes ressources.

René Ambroise Tiétié

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