Quelques jours après l’annonce de la fermeture du Tribunal de grande instance de Djibo, par le gouvernement burkinabè, les premières réactions des partis de l’opposition se font entendre. En effet, dans un communiqué dont informateur.info a eu copie, le principal parti de l’opposition politique au Burkina-Faso, l’Union pour le progrès et le changement (UPC), estime que la fermeture de ce tribunal est ‘’surprenante’’, voir ‘’choquante’’ et que cela pourrait engendrer de lourdes conséquences.
«La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de lourdes conséquences. Il est évident, sur le plan politique, que la souveraineté nationale est profondément ébranlée par cette fermeture, puisque le Pouvoir judicaire ne peut plus être exercé sur le ressort de ce Tribunal de grande instance. Le gardiennage des droits et libertés individuels n’est plus assuré dans le ressort de cette juridiction», rapporte ledit communiqué.
Selon l’UPC, «les populations du ressort du Tribunal de grande instance de Djibo, en plus de ce qu’elles vivent dans l’insécurité, peuvent voir en cette fermeture, un abandon de l’Etat central, un abandon du président du Faso». C’est pourquoi le parti du chef de file de l’opposition au Faso, Zéphirin Diabré veut que «dans les délais les plus brefs, des solutions idoines soient trouvées pour la réouverture de ce palais de justice, pour qu’aucun autre tribunal ne soit contraint de fermer pour les mêmes raisons», rapporte le même communiqué, signé du nom de Kouliga D. Nikiema, le secrétaire national chargé des affaires juridiques et institutionnelles de l’UPC.
Au vu des fermetures de certaines écoles et mairies dans le nord du Burkina, pour ne citer que ces deux entités là, l’UPC se pose par ailleurs, la question de savoir si le peuple burkinabè «a perdu le Nord et le Sahel de notre pays ?». C’est ainsi qu’il demande au gouvernement du président Roch Marc Christian Kaboré de monter au créneau afin d’expliquer «au peuple burkinabè comment nous en sommes arrivés là».
Pour rappel, la fermeture du Tribunal de grande instance de Djibo avait été confirmée par le Conseil supérieur de la magistrature lors de sa première session extraordinaire tenue du 23 au 24 avril 2018. Et d’après le compte-rendu qu’en a fait la secrétaire permanente à l’issue de ce conseil, «l’absence de dispositif sécuritaire idoine a conduit le personnel en fonction dans ce tribunal à quitter ladite localité».

Georges Kouamé

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