L’élimination des Eléphants à la Coupe du monde Russie 2018 a été l’élément déclencheur de la crise qui continue de secouer la Fédération ivoirienne de football (FIF). En dépit de la réunion convoquée par la FIFA, la faîtière du foot planétaire, qui a décidé de jouer ‘’pompiers’’ pour éteindre le feu qui consume la Maison de Verre de Treichville, siège de l’organe fédéral du football local.

Lorsque la FIFA a pris la décision de convoquer à Zurich les protagonistes de la crise qui secoue le football ivoirien, certains ont applaudi des deux mains, espérant voir la guéguerre entre Sidy Diallo et son opposition cornaquée par le duo Roger Ouégnin et Salif Bictogo prendre fin. D’autres ont estimé que ce serait une réunion de plus, quand d’autres encore redoutaient cette rencontre qui pourrait ‘’tailler des croupières’’ au patron du foot ivoirien. Au final, Zurich n’a guère fait bouger les lignes. A contrario, la décision de la FIFA invitant les deux parties à s’entendre à l’effet de ‘’surmonter les difficultés pour préserver les intérêts du foot ivoirien’’, avec en prime le maintien de l’actuel président Sidy Diallo peut être perçu par ce dernier comme un ‘’blanc-seing’’ et, par ses opposants comme un ‘’camouflet’’. De quoi faire perdurer les différends.
A la vérité, Zurich a été une fausse solution à un vrai problème, celui de la difficultueuse gestion du football ivoirien. Car, ce qui est en cause, c’est moins la qualité du football ivoirien que la gestion de Sidy jugée ‘’cavalière’’ et ‘’approximative’’. Un seul exemple illustre cette douteuse inclination : le choix des sélectionneurs de l’équipe nationale, singulièrement, celui du Belge Willmot qui a été désigné en dehors de tout cadre réglementaire. Avec Sidy Diallo, le ‘’fait du prince’’ s’impose à tous. En réalité, la non qualification des Eléphants à Russie 2018 n’est qu’un prétexte. Le feu couvait déjà sous la cendre. Puisque entre Sidy et ses opposants, il y a longtemps que les relations ne sont pas au beau fixe. Ceux-ci étant des proches de l’ancien président Jacques Anouma avec qui Sidy Diallo est en froid depuis des lustres. Cette crise n’est donc, à dire vrai, que le prolongement des dissensions entre les deux amis d’hier devenus des ‘’frères ennemis’’. Telles sont les causes lointaines du conflit fratricide qui oppose pro-Sidy et pro-Anouma. Car, c’est de cela qu’il s’agit, in fine.
La FIFA dont les bonnes intentions sont à saluer était loin de connaitre les tenants et les aboutissants de cette énième crise ivoiro-ivoirienne dont les protagonistes sont, cette fois, des sportifs. Autrement, elle n’aurait jamais désigné Jacques Anouma pour être le ‘’modérateur’’ de cette rencontre. Comme il fallait s’y attendre, l’enfant de Memni a été récusé par le camp Sidy. Retour à la case départ. La position de Sidy ayant été ‘’consolidée’’ par Zurich( il n’en menait pas large avant la réunion) , ce qui a le don d’insupporter ses opposants qui cachent difficilement leur dépit. La crise n’en est que plus vive. Comme si on avait sauté pour mieux reculer!

René Ambroise Tiétié

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