Informateur.info- Le Conseil national des Burkinabè en Côte d’Ivoire (CNBCI) a aussi sa petite histoire. C’est que cette structure, elle aussi, n’est pas exempte de reproches, loin s’en faut. Si Naaba Wogbo pêche par son ignorance et par dictature au niveau de l’Union des chefs et notables, il y a aussi des choses à dire sur Salogo Mamadou, président dudit Conseil.

En effet, le CNB-CI a été crée dans le but de rassembler la communauté burkinabé en Côte d’Ivoire et contribuer au raffermissement des liens entre elle et le peuple ivoirien. En cela feu Gougnan Amadou a bien été inspiré de créer cette structure. Quand il a plu à Dieu de le rappeler à Lui, le CNB-CI était plongé un moment dans une léthargie qui annonçait sa mort évidente. Faut-il préciser qu’au soir de sa vie alors qu’il était malade, nombre de ses plus proches collaborateurs l’avaient lâché quand certains même ont eu le courage de démissionner. Fallait-il laisser, cette œuvre mourir ? Assurément non ! C’est ainsi que Salogo Mamadou a entrepris de redonner un souffle nouveau à la structure. Ainsi, le 12 octobre 2013, il convoque une Assemblée générale élective dans les locaux du Consulat général du Burkina Faso à Abidjan où il est élu avec 89,33% des suffrages exprimés ; en présence du président de l’Union des ressortissants de la Cedeao (Urem-Cedeao) M. Al Assane Demba.

En prenant les rênes du Conseil national des Burkinabè en Côte d’Ivoire, Salogo Mamadou affichait une ambition nationale en Côte d’Ivoire. Président de la culture burkinabè en Côte d’Ivoire, président des ressortissants du Yatenga en Côte d’Ivoire, avec le Conseil national des Burkinabè Salogo Mamadou se hissait un peu plus haut au sein de la plus forte communauté étrangère en Côte d’Ivoire. Sa force, c’est qu’il n’a jamais attendu que quelqu’un mette à sa disposition des moyens pour faire son travail, contrairement à l’Union des chefs et notables burkinabè en Côte d’Ivoire qui est pistonnée par le Secrétaire Général du CDP-Côte d’Ivoire, Ada Dramane Sawadogo.

Salogo Mamadou, c’est le prototype du courageux, qui dit ce qu’il pense haut et qui ne craint rien. Il n’est pas hypocrite. C’est quelqu’un qui s’est construit un nom et qui s’est fait une place au soleil par le travail. Avide d’honneur, il parraine toutes les cérémonies où il peut tirer honneur. Son péché mignon, c’est qu’il aime bien être honoré. Un «Bibêga» (un garçon courageux en moré), un vrai Yaadga (originaire du Yatenga). Et tant que Salogo Mamadou est honoré, le reste lui importe peu. Le hic c’est que cette propension à l’honneur, trop débordante, a fini par rendre le président du Conseil national des Burkinabè en Côte d’Ivoire omniprésent. Il se retrouve bien souvent là où d’autres estiment que sa présence leur fait ombrage. Et quand il lui arrive d’avoir le micro, ce sont des vérités crues qui sont crachées. Toutes les tribunes sont une aubaine pour lui de passer un message fort. Or la vérité dite en public et sur la place publique est parfois considérée par ceux qui se sentent frustrés comme un affront. D’où l’animosité entre le Conseil qu’il préside et l’Union des chefs et notables Burkinabè en Côte d’Ivoire (UCNBCI).

  • Un besoin de recadrage

Le Conseil national des Burkinabè en Côte d’Ivoire est une structure sensée fédérer les Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire. Œuvrer à la cohésion entre la communauté burkinabé et leurs hôtes en Côte d’Ivoire, prévenir les conflits communautaires, foncier et autres, ce sont-là, entre autres, les missions du Conseil. Aussi, après l’assemblée générale extraordinaire qui l’a plébiscité à la tête du Conseil national le 12 novembre 2013, Salogo Mamadou s’est-il lancé dans l’implantation de cette structure à l’intérieur du pays. San-Pédro, Sikensi, Agboville, etc. Objectif avoir un ancrage national. Et les choses semblent lui réussir. Mais là où la confusion s’installe par moment, c’est quand le Conseil plutôt que d’installer ses relais locaux à l’intérieur veut conférer à ces derniers le titre de chef de la communauté dans ces localités. Or le représentant du CNB-CI dans une localité n’a pas forcement la qualité de chef de la communauté. Le Conseil n’installe pas des chefs de communauté mais des présidents locaux. C’est-à-dire que dans une localité on peut y avoir le chef de la communauté burkinabè et le président local du Conseil national des Burkinabè en Côte d’Ivoire. La nuance est d’importance dans la mesure où comme nous le disons, le rôle du Conseil national des Burkinabè ne devrait pas être confondu avec celui de l’Union nationale des chefs et notables en Côte d’Ivoire (UCNBCI). Le Conseil ne gère pas les chefs, il aspire plutôt à gérer l’ensemble des Burkinabè y compris les chefs qui sont avant tout des Burkinabè. Voilà, nous semble t-il, là où le Conseil national des Burkinabè a besoin d’être recadré pour mieux jouer son rôle. Et nous estimons que si le Conseil national allait dans ce sens et n’interférait pas dans le champ d’action de l’Union des chefs, qui elle n’est circonscrite qu’aux chefs, l’on assisterait à moins de querelles et d’animosité entre Naaba Wogbo et Salogo Mamadou.

  • Le rôle attendu du Cheick Aboul Aziz Sarba

Avec un Consul Général démissionnaire face à ses responsabilités, il ne reste plus qu’à espérer que le guide spirituel de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire prenne le devant des choses en réconciliant Naaba Wogbo et Salogo Mamadou. Autant nous pensons que la critique à laquelle nous nous employons est nécessaire pour servir de miroir aux concernés, autant nous tenons à ce que chacun soit dans son rôle. Car in fine, c’est la communauté qui gagne. Et cette communauté est aussi la raison d’être de Informateur.info. Comme nous l’indiquions, à défaut du Consul Général Daouda Diallo qui a échoué, deux ans après sa prise de fonction à prendre la moindre initiative, le Cheick Abdoul Aziz Sarba qui est très respecté au sein de la communauté par tous les leaders communautaires pourrait bien jouer les médiateurs.

Mais là aussi, il faut le dire, un médiateur c’est celui qui doit aussi avoir un langage de vérité. Cela rime d’ailleurs avec la religion. Nous estimons dont qu’une implication du guide spirituel pourrait garantir une harmonie au sein des structures associatives en espérant que le successeur de Daouda Diallo (nous préférons désormais parler ce diplomate au passé) qui viendra en 2019, aura à cœur de se mouiller la veste pour justifier son salaire.

Ce que l’on attend du guide spirituel de la communauté, c’est de dire la vérité, rien que la vérité aux leaders associatifs. Nous avons dit que Salogo Mamadou aime bien dire la vérité aux autres et ça ne lui déplairait pas de s’entendre aussi dire la vérité. La 1ère vérité que le Cheick doit dire au président du CNBCI, c’est que son bureau n’est pas représentatif des aspirations de sa structure. On ne peut pas revendiquer le statut d’un Conseil national et n’avoir dans son bureau que des «mossi» qui plus est, sont tous de Ouahigouya. Un tel bureau ne reflète pas la communauté burkinabé en Côte d’Ivoire. Où sont les Bissa, les Bobo, les Gourounsi ect. La 2éme chose que le Cheick se doit de dire à Salogo Mamadou, c’est qu’il enlève sa bouche dans les affaires des chefs et notables et se consacre à la communauté à travers la réalisation des missions du Conseil.

A Naaba Wogbo, le Cheick doit lui dire que ce n’est pas son rôle d’imposer des chefs dans les quartiers et les localités de l’intérieur. Que tant qu’il le fera, il verra son autorité contestée. Naaba Wogbo doit entériner les choix de la base. Que ceux-ci soient ses hommes ou pas. Le Cheick doit dire à Wogbo que ce n’est pas parce qu’un chef n’émane pas de son choix à lui qu’il est son adversaire. Encore qu’on peut transformer un adversaire, en un allié. Pour ce faire, l’Union des chefs et notables doit revoir ses textes, s’il en existe, pour opérer un réaménagement qui tiennent compte de ces réalités. Le Cheick doit enfin dire à Wogbo et à Salogo qu’ils sont complémentaires et qu’ils peuvent coexister ensemble, harmonieusement même, dès lors que les rôles sont bien définis. La preuve est que si l’existence de l’un contrariait l’autre, le ministère de l’intérieur ne leur aurait pas délivré un arrêté de fonctionnement. Se mettre au service de sa communauté, c’est jouer pleinement sa partition.

Jean François Fall

Informateur.info

 

 

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