Côte d’Ivoire : Libération des journalistes interpellés, le pouvoir joue et perd...

Côte d’Ivoire : Libération des journalistes interpellés, le pouvoir joue et perd !

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Le président Alassane Ouattara

Interpellés le dimanche 12 février dernier, dans le cadre des primes qu’auraient perçues les Forces spéciales (FS), pour mettre un terme à leur mutinerie, les six(6) journalistes (Vamara Coulibaly, Dp du groupe Olympe ;  Yacouba Gbané, Dp de Le Temps ;  Bamba Franck, Dp de Notre Voie et les journalistes  Hamadou Ziao,  Ferdinand Bailly, Jean Bedel Gngo), qui avaient fait l’objet d’une interpellation qui s’est transformée en détention,  on été remis en liberté  ce mardi 14 février. Ils étaient accusés, par le Procureur de la République, de «divulgation de fausses informations » et «d’atteinte à la sûreté de l’Etat».  Tout est donc bien qui finit bien, pourrait-on dire. Mais, il faut noter que la mobilisation de la presse fut totale et exemplaire. Les organisations de défense de la liberté de la presse cornaquées par la faîtière (l’Unjci) dont le président Traoré Moussa n’a ménagé, ni son énergie, ni son temps, ont fait chorus pour réclamer, à l’unisson,  la libération «sans condition» des confrères. Au final, les mis en cause ont été libérés après 72 h de détention.

  • La presse nationale a fait chorus pour réclamer la libération des confrères

Ouf ! Chacun pousse un soupir de soulagement, d’autant qu’à un moment donné, le bruit avait couru qu’ils allaient être incessamment déférés à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Ce qui avait provoqué l’ire des  organisations,  associations et syndicats  du secteur qui avaient projeté une grande mobilisation suivie d’une marche et,  dans le même élan,  avait été décidé le «boycott» des activités du gouvernement, à commencer par le Conseil des ministres de ce mercredi 15 février. Tout cela fait désormais partie du passé et peut faire sourire. Pour autant, il est évident que le régime ne sort pas grandi de cette affaire aux allures de farce (de mauvais goût, certes). Car, si jusqu’à présent, le pouvoir Ouattara pouvait être crédité d’un a priori plutôt favorable sur la question délicate de la liberté de la presse et d’opinion,  il est clair qu’après l’interpellation maladroite des confrères, la donne pourrait changer. La liberté de la presse étant un indicateur déterminant de la nature de chaque régime, il sera désormais difficile de faire croire à l’opinion internationale que le successeur de Laurent Gbagbo est un démocrate accompli. Pour le coup, l’interpellation de Coulibaly Vamara et ses «co-détenus» aura eu un effet boomerang que le Procureur n’avait pas prévu. Voilà où peut parfois mener le zèle de certains partisans. Tel est pris qui croyait prendre. Ce sera sans doute, la leçon à tirer de cette histoire dont le pouvoir aurait pu faire l’économie. Et comment ! In fine, le régime aura joué et perdu ! Et pas qu’un peu,  en terme d’image. Tant pis !

Ambroise Tiétié

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