Côte d’Ivoire : Après la mutinerie, la leçon d’une crise

Côte d’Ivoire : Après la mutinerie, la leçon d’une crise

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La récente mutinerie a pris fin après l’accord trouvé avec les mutins. Ce qui signifie que le gouvernement a capitulé dans ce bras de fer qui l’opposait aux 8400 soldats .Les «jeunes gens», pour reprendre une formule de feu le général Robert Guei, ne revendiquaient que le paiement du reliquat de leurs primes dites ECOMOG, évaluées à 7 millions payables sur 7 mois soit un million par mois, comme cela leur a été promis par le pouvoir Ouattara, et ce depuis le mois de janvier dernier, date de  la première mutinerie. C’est cette promesse non ténue par Ouattara et son gouvernement, encore que les mutins ont «accordé» une plage de manœuvre à l’Etat ivoirien,  qui a mis la poudre au feu. Finalement,  tout est bien qui finit bien peut-on dire, car depuis ce mercredi 17 avril, les militaires qui ont paralysé plusieurs villes de la Côte d’Ivoire en signe de colère avec armes au poing, sont retournés dans les casernes, puisque satisfaits de l’accord brandit par le ministre de la défense Alain Richard Donwahi, nonobstant, le fait que le peuple souverain ne sache rien des clauses du « mystérieux » accord, car le premier responsable des soldats a décidé qu’il en soit ainsi. Tout compte fait, l’heure est au bilan et à un éventuel enseignement à tirer de ses mutineries récurrentes qui impactent la stabilité de la Côte d’Ivoire, donc la sérénité des populations ivoiriennes. Car le premier devoir régalien de l’Etat est d’assurer la sécurité des populations et de leurs biens. Le dernier bilan communiqué par le ministre de la défense Alain Richard Donwahi fait écho de deux morts et d’une dizaine de blessés par balles aussi graves que légers, ainsi que de nombreux dégâts matériels. L’économie ivoirienne qui était déjà sous « perfusion » du fait de la chute inattendue du prix du cacao sur le marché mondial, qui a conduit les autorités ivoiriennes à revoir à la baisse le budget de fonctionnement, a pris un autre coup durant ces quatre jours de mutinerie. Le pouvoir Ouattara aurait pu faire l’économie de ce gâchis. En commençant par la fin. C’est-à-dire par le dialogue et la négociation. Au lieu de durcir le ton par des menaces. Allant jusqu’à envisager l’utilisation de la force pour faire entendre raison aux insurgés. Ce qui n’a fait que agacer les mutins et les conforter dans leur position de « on ne veut rien que notre argent ». La suite on la connait. Au demeurant, la sagesse et la vision de politiciens avertis auraient voulu que le gouvernement se penche au plus tôt sur la situation de ces soldats en armes, qui n’ont jamais su ce que signifie « la grande muette». Car au delà de toutes considérations, en temps de  guerre comme en temps de paix, une promesse demeure une promesse. Telle est la leçon qu’il faut tirer de  cette énième mutinerie.

Yannick Kobo

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