M. Congo Rasmané est Conseiller juridique au Consulat Général du Burkina à Abidjan. Dans cet entretien qu’il a accordé à informateur.info, il fait un large tour d’horizon des missions du Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger (CSBE) et parle de l’élection des délégués  prévue le 1er juillet prochain tout en appelant la Diaspora burkinabè à la cohésion et à l’union.

  •  Informateur.info : L’élection au poste de délégué au Conseil Supérieur des Burkinabè de l’Etranger va se tenir le 1er juillet 2018 ; pouvez-vous nous dire combien de candidats sont en lice ?

Congo Rasmané: Ce qu’il faut dire, c’est que dès le premier jour on avait établi le programme où on avait fixé les délais de dépôt des candidatures et entretemps nous avons reçu une note du ministre de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur nous demandant de proroger la date. Depuis le 17 juin dernier, nous avons arrêté et le dépôt des candidatures et les inscriptions sur la liste électorale. Cependant, nous avons reçu des candidatures le lundi 18 juin parce que nous n’avons pas travaillé le jeudi et le vendredi. Nous avons reçu les registres dans lesquels les candidas devaient inscrire les électeurs. Pour ce qui concerne le nombre de candidatures, il faut dire que pour la circonscription consulaire du District d’Abidjan, nous avons 8 délégués, repartis comme suit, 4 dans le District d’Abidjan, 1 à Aboisso, 1 à Agboville, 1 à Divo et 1 à Abengourou. Nous avons enregistré au total 19 candidatures dont 13 pour le seul District d’Abidjan, pour Aboisso 3 et 1 pour chacune des autres circonscriptions (Agboville, Divo et Abengourou).

Est-ce qu’on peut connaitre les critères pour être candidat?

Les conditions ont été fixées par un arrêté ministériel depuis Ouagadougou. Ce texte a été repris par une décision du gérant intérimaire avec plus de détails. Ainsi donc, pour être candidat, il faut d’abord et avant tout être résident de la localité dont on veut être le délégué Csbe, être de nationalité burkinabè et âgé de 21ans révolus à la date de dépôt de votre candidature. Il y a aussi des conditions liées au fait que le délégué doit être lettré et résidé dans sa circonscription électorale.

Il n’y a pas de limite d’âge ?

Justement, il n’y en a pas. Ça va donc de 21 ans à l’infini, il faut cependant présenter un état de santé satisfaisant.
Comment va se dérouler le scrutin ?
Dans chaque localité où il y aura le vote, on va mettre en place un bureau, un président avec ses accesseurs, comme pour une élection classique. Il y aura un superviseur du Consulat général dans chaque bureau pour s’assurer de la transparence de l’opération. Ne pourront voter que les électeurs régulièrement inscrits sur la liste électorale ouverte à cet effet. Il y aura un bulletin unique. Les électeurs seront donc appelé s à cocher le candidat de leur choix. L’élection va se dérouler de 7h à 16h. mais si on se rend compte que la majorité n’a pas voté dans un bureau, on peut proroger exceptionnellement jusqu’à 17h. On a fixé l’heure de la fermeture à 16h pour permettre de faire le dépouillement le même jour. On a tenu compte des localités reculées, puisque le dépouillement est centralisé à Abidjan.

Y’a t-il une enquête de moralité pour s’assurer de la probité des différents candidats?

Oui , cette question s’est posée lorsque nous avons reçu l’arrêté qui ne prévoyait pas un casier judiciaire dans les pièces à fournir. C’est généralement ce document qui est exigé pour attester de la bonne moralité des individus. Or, dans l’arrêté, il n’y avait pas d’article spécifique ayant trait à la bonne moralité des candidats, sauf l’article 23 qui donne la latitude de prendre des initiatives en tenant compte des spécificités de chaque localité. Nous avons conclu que cet article portait sur les conditions pratiques, il ne nous revenait donc pas d’aggraver les critères en exigeant un casier judiciaire. Néanmoins, nous avons pris le soin de demander aux candidats d’être de bonne moralité. Il se trouve que certains candidats ont joint un casier judiciaire à leurs dossiers.

Pouvez-vous nous définir les missions du Csbe ?

Le Csbe est une structure rattachée au ministère de l’Intégration et des Burkinabè de l’Extérieur. Ce Conseil est composé, en plus du ministre, d’un certain nombre de personnes, notamment, les représentants des différentes communes burkinabè à travers le monde que sont les délégués Csbe. Les missions principales sont : rassembler les Burkinabè de l’extérieur, sans exclusive, ni exclusion. C’est un principe cardinal. S’assurer de la pleine participation des Burkinabè de l’extérieur au développement de la mère-patrie. Non seulement aux plans social et culturel, mais aussi au plan économique. Ils ont aussi pour mission de facilité l’insertion des Burkinabè dans la vie nationale, tout comme ils ont également pour tâche de les sensibiliser au respect des lois des pays d’accueil. D’organiser ou de susciter des actions sociales dans le but d’améliorer les conditions de vie des Burkinabè dans leurs pays d’accueil. D’apporter assistance aux mouvements et structures des Burkinabè de l’extérieur dans la mesure de leurs moyens. Cette assistance peut être technique ou financière. D’œuvrer à la promotion des activités culturelles et sportives dans le but de créer une cohésion entre les Burkinabè qui se retrouvent en terres étrangères. Voilà, en gros, les missions des délégués Csbe. Ces derniers se retrouvent au sein d’une assemblée générale pour trouver des solutions à certaines préoccupations et améliorer les conditions de vie de nos compatriotes de l’extérieur.

Vous avez tout à l’heure parlé d’une assistance aux associations, cela nous amène à poser la question des moyens puisque le délégué n’a pas de salaire. Avec quels moyens assistera-t-il ces associations ?

Effectivement, votre question est pertinente. Le problème des moyens s’est surtout posé en Côte d’Ivoire quand on a commencé à lancer le processus. Les gens ont voulu que le délégué soit salarié, mais ce n’est pas nous qui décidons et l’Etat a ses raisons. On demande surtout aux délégués d’être épris de patriotisme, de bonne volonté et qu’ils soient disponibles sur tous les plans. C’est vraiment un sacerdoce que l’Etat demande aux délégués Csbe. Même pour l’Assemblée générale des délégués, l’Etat souhaite que ce soient les communautés qui cotisent pour assurer le déplacement des délégués. C’est pourquoi, il est important que le délégué ait le minimum pour s’acquitter de ses missions. On va prendre des textes pour préciser cela sans la moindre ambigüité, parce que je vois encore certains postuler en espérant recevoir un salaire. C’est comme un consul honoraire. Ce dernier n’est pas un salarié de l’Etat. Même les recettes que perçoit le consul honoraire en délivrant des actes de l’état civil sont reversées au Trésor public. Mais ce n’est pas rémunéré mais ça donne un certain privilège et une notoriété, ce n’est pas rien.

A quand remonte la création du Conseil ?

Je pense que ça remonte à 2007 sous l’ancien régime. Partout où il y a une petite concentration de Burkinabè, un Csbe est implanté.

Votre mot de fin. Quel message lancez-vous aux candidats et éventuellement, aux électeurs?

Pour les candidats (on a déjà enregistré des remous liés à certaines considérations politiques) , je voudrais leur dire que le délégué Csbe n’est pas un homme politique. Il a une mission de rendre service à sa communauté et il doit s’atteler à ça. Ce que nous avons vu et entendu nous a beaucoup déçu. Nous allons à notre niveau faire en sorte qu’il y ait le maximum de transparence, parce que le moindre incident sera exploité, on n’a aucun doute là-dessus. J’appelle les candidats à rester sereins. Qu’ils laissent de côté la politique. Quant aux électeurs de voter les candidats les plus méritants. Qu’ils choisissent les plus dynamiques. Surtout qu’ils évitent de faire du bruit, on n’est pas la seule communauté ici. Le nombre devait constituer pour nous une force, mais j’ai le sentiment que c’est une faiblesse. Cela est dû au fait qu’il n’y a pas de cohésion parmi nous. J’appelle ceux qui vont gagner à s’appropier les missions du délégué Csbe. En outre, les Ambassades et les Consulats sont là pour les accompagner. Pour ceux qui vont perdre, qu’ils sachent que c’est un jeu. Ils n’ont qu’à se préparer pour la prochaine échéance au bout de 3 ans. Si vous avez un projet pour votre communauté, vous pouvez rebeloter et espérer dérouler votre programme.

Réalisée par René Ambroise Tiétié

Articles connexes

Leave a comment