Le nouveau président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré et son gouvernement semblent totalement dépassés par les évènements et donnent finalement le sentiment de naviguer à vue.

Où en est le PNDES (Plan National de Développement Economique et Social) 2016-2020,  censé conduire le Burkina Faso à l’émergence ou, du moins,  sortir le pays de l’ornière ? Les 07 et 08 décembre 2016, se tenait à Paris, en France, la Conférence des partenaires du Burkina Faso pour le financement du PNDES. Au terme de ces 2 jours, les partenaires du Pays des Hommes Intègres avaient fait des promesses de financements cumulés qui s’élevaient à 18 000 milliards de FCFA. Une somme  qui excédait largement les 15.395,4 milliards de FCFA nécessaires à l’exécution du Plan. Sur ce montant, le Burkina devait mobiliser près de 10.000 milliards de FCFA, soit 63,8%, alors que la part revenant aux  partenaires au développement était estimée à 5.570 milliards de FCFA, soit 36,2%. Mais, il est évident que le pays aura beaucoup de peines à réunir 10 000milliards les cinq (5) prochaines années.  Quant aux promesses faites lors de la fameuse conférence, autant ne pas en parler. On sait combien de fois, il est difficile de recevoir les sommes promises lors de ces raouts qui ont toutefois le mérite de donner davantage de visibilité aux pays qui y sont à l’affiche. Sans parler des conditionnalités qui, dans le cas du Burkina, relèvent de la gageure. Notamment, le chantier de la réconciliation qui reste intact.

  • Des conditionnalités qui tiennent de la gageure

Mais, il n’y a pas que le PNDES dont la mise en musique connaît quelques couacs.  Il y a également le dédommagement des victimes de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui a causé la chute du régime Compaoré. Ce dossier sensible n’a toujours pas été mené à son terme. Tout comme «l’affaire Zida» qui est toujours pendante alors que les preuves de la forfaiture de l’ancien Premier ministre surabondent. C’est de notoriété qu’il a géré la transition comme sa ‘’boutique’’. Un exemple parmi une foultitude de cas. Son déplacement dans une localité du pays profond se chiffra à plus de 100 millions de FCFA ! En une année, son budget de souveraineté fut estimé à six (6) milliards de FCFA ! Sans parler des terrains qu’il s’appropria à Ouaga 2000! Mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’ancien homme fort de la Transition burkinabè coule des jours heureux au Canada, sans que le pouvoir songe à l’inquiéter. Le plus surprenant c’est que les documents administratifs de Zida étaient arrivés à expiration depuis avril 2017. Il avait même demandé, on se souvient, au pouvoir Kaboré de renouveler ses papiers. Une demande à laquelle les autorités burkinabè ont opposé une fin de non recevoir avant de le radier de l’armée pour désertion en temps de paix. Alors, question : avec quels papiers l’ancien général justifie-t-il sa présence au Canada ? Il est dès lors établi qu’il bénéficie de complicités au sein de l’Administration publique. Autrement, il lui serait impossible de continuer à résider au pays de Pierre Trudeau sans papiers. Faut-il rappeler le dossier des auteurs du putsch de septembre 2015 qui attendent toujours dans le ‘’couloir de la mort’’ ? Plus sérieusement, cela fait bientôt deux (2) ans que les généraux Djibril Bassolé et Gilbert Diendéré sont dans les liens de la détention, sans avoir été  jugés. Cela fait désordre et pourrait faire croire que le régime n’est pas soucieux du respect des droits des Burkinabè. Quand on met ce cas en parallèle avec le cas de l’ancien président Blaise Compaoré et ses ministres dont le procès a déjà commencé, on reste perplexe. A l’évidence, il y a quelque chose qui cloche quelque part. Comment peut-on chercher à juger quelqu’un qui est absent alors qu’on fait l’impasse sur le jugement de ceux qui sont sur le territoire burkinabè ? Cherchez l’erreur ! Lire la suite sur lageneraledepresse.net

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