@Informateur.info- Ce qui se passe dans le groupe Kanis, comme nous le révélions dans une précédente publication est comparable à l’histoire du dieu Cronos qui dévore ses enfants. Dire que l’on y assiste à une chasse aux sorcières serait une litote. Qu’on en juge à l’aune des faits d’armes de chaque cadre-fondateur remercié par Inoussa Kanazoé, PDG de Kanis et Cim Metal Group.

Démis de ses fonctions de Directeur Général de CimFaso le 30 avril 2018, Inousa Kaboré, n’en n’était pas moins, selon nos investigations, actionnaire à 02% dans l’entreprise susmentionnée.  Rentré des Etats-Unis pour aider à la construction des projets industriels de Inoussa Kanazoé, il s’y est mis à fond pour que le rêve de ce dernier devienne une réalité. Autant Cimfaso n’a de secret pour lui qui l’a porté à bout de bras, autant il a fait les frais du dossier judicaire portant sur des surfacturations dont Inoussa Kanazoé a été l’objet en avril 2017. N’est-ce pas lui qui a servi de parapluie à son ex-patron dans la guerre qui l’a opposée à son partenaire Moussa Koanda. En définitive, si le non-lieu partiel prononcé par la justice bénéficie au PDG de Kanis, ce n’est pas le cas de Kaboré dont le sort est encore pendant devant la Courd’Appel de Ouagadougou. Kaboré jouit –il dans ces conditions de ses parts dans le capital de Cimfaso? Rien n’est moins sûr avec un opérateur économique peu enclin à promouvoir ceux dont il se sert comme béquilles pour avancer dans un secteur fortement concurrentiel.

L’usine de CIMFASO à Ouagadougou

Et comme il n’y a jamais un sans deux, Salif Ilboudo ex-DG de Cimasso lui aussi fera les frais de l’instabilité directionnelle entretenue par Inoussa Kanazoé himself. Pur produit de la prestigieuse école des métiers du Burkina (IBAM), Salif Ilboudo avait  atterri à Kanis après avoir fait ses armes au réseau des caisses populaires  du Burkina (RCPB) en qualité de Contrôleur financier. Cet expert en finances va travailler au redressement des sociétés du groupe Kanis et la construction des gros chantiers à travers SIFA. Il parvient grâce à un travail acharné à placer la société «SIFA» sur orbite. Conséquence : elle dévient attributaire de plusieurs marchés publics aussi bien au Burkina Faso qu’au Niger. Après ses prouesses professionnelles,  Salif Ilboudo sera affecté à Bobo Dioulasso avec pour feuille de route la construction de l’usine de Cimasso et la gestion des remous consécutifs à ce chantier dont le volet environnemental avait fait couler beaucoup d’encre. Peu après l’opérationnalisation de Cimasso, Salif Ilboudo sera lui- aussi poussé vers la sorte.

Une vue de CimIvoire dont les travaux sont en voie de finition à Abidjan.

Le dernier en date à avoir claqué la porte à Kanis, c’est bien Sadate Bikienga. Juriste de formation et ex-cadre à Air Burkina, Sadate a intégré le groupe à des heures de braise où Kanazoé Inoussa et ses ex-partenaires Allemands et Burkinabè de CimBurkina étaient en conflit. Il prend fait et cause pour son nouvel employeur qui tient la dragée haute aux Teutons dans cette affaire. Selon des informations que nous avons recoupées, son ingéniosité et son savoir-faire vont lui valoir d’être récompensé par une  cession de  01% des actions dans l’usine de fer à béton Cim Métal dont il était le coordonnateur.  Travailleur acharné, Sadate va être envoyé en 2016 à Abidjan, en Côte d’Ivoire dans le cadre de la construction de l’Usine CimIvoire. Peu après l’opérationnalisation des broyeuses en novembre 2018, Sadate sera poussé progressivement vers la sortie. Comment ne pas  voir de similitudes entre ces départs successifs de cadres qui ont   donné la pleine mesure de leurs compétences pour le rayonnement du groupe Kanis et de Cim Metal Group. Selon nos informations, ces trois ex-cadres-fondateurs se seraient mis à leur propre compte à Ouagadougou.

Mais il n’y a pas qu’eux, puisque le représentant de Kanis International à Lomé au Togo depuis au moins une décennie, Mahamoudou Kaboré, a lui aussi été remercié dans les mêmes conditions. A l’analyse de ces départs, il ne serait pas exagéré de soutenir que les faits sont en train de donner raison à Moussa Koanda et Ouali Mahamadou qui ont été longtemps traités à tort de tous les maux.

Jean François Fall

 

 

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