Le président Alassane Ouattara s’est adressé à ses compatriotes le lundi 06 août 2018 pour le traditionnel message à la Nation. Les Ivoiriens retiendront de cette allocution que d’aucuns qualifient d’historique 3 faits majeurs : l’amnistie accordée aux prisonniers de la crise postélectorale, la volonté du Chef de l’Etat de passer le témoin en 2020 et, enfin, la recomposition de la Commission Electorale Indépendante.

 

On attendait avec impatience le message à la Nation du président Alassane Ouattara. Les uns et les autres étaient curieux de savoir quelles bonnes nouvelles porterait cette adresse, surtout que le concerné avait déjà un peu vendu la mèche lorsqu’il a récemment laissé entendre qu’il donnerait bientôt ‘’des nouvelles qui réjouiraient’’ ses compatriotes. Eh ? bien, depuis le lundi 06 août dernier, on peut dire qu’il a tenu parole. Puisque, aussi bien la classe politique que les Ivoiriens, dans leur ensemble, saluent les mesures annoncées par le Chef de l’Etat. Surtout, celles relatives à la libération de Simone Gbagbo, de Lida Kouassi, Assoa Adou et de ….Soul To Soul, le directeur du protocole de Guillaume Soro dont l’incarcération avait crispé les relations entre le président Ouattara et le camp Soro. En effet, le maintien en détention des partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo constituait un véritable élément dirimant pour le processus de réconciliation quasiment à l’arrêt en dépit des efforts du gouvernement. Ce n’est donc pas un hasard si tout le monde a applaudi l’amnistie décrétée par le premier citoyen ivoirien. Elle est venue mettre un terme à une situation devenue ‘’ubuesque’’ ; puisque 7 ans après la fin de la crise postélectorale rien ne pouvait justifier le maintien en prison de l’ex-première dame et des autres barons de l’ancien régime.

 

Quant à la décision du président de la République de ‘’passer le témoin à une nouvelle génération’’, elle aura le mérite de clarifier les choses et, surtout de décrisper le climat politique qui commençait à être ‘’pollué’’ par l’intention prêtée à Alassane Ouattara de briguer un 3ème mandat. Une occurrence corroborée, peu ou prou, par la déclaration des Rois et chefs traditionnels qui ont semblé accorder leur ‘’quitus’’ au président Ouattara pour un 3ème mandat. Désormais, tout cela peut faire sourire. Il n’y a plus de doute, le successeur de Laurent Gbagbo ne sera pas candidat en 2020. Son discours est sans ambigüité sur la question. « N’ayons pas peur de passer le témoin. Faisons confiance à nos jeunes, tout comme nos ainés nous ont accordé leur confiance », a assuré le Chef de l’Etat. Dont acte. On attend la suite des débats pour être véritablement situé. Pour autant, rien n’autorise à douter du président Ouattara qui avait déjà promis qu’il ne briguerait pas un 3ème mandat, laissant entendre qu’il ‘’prendrait sa retraite après une trentaine d’années passées à travailler’’. Concernant la réforme de la CEI, l’on ne fera pas la fine bouche. C’est une grande nouvelle pour l’opposition et pour…la démocratie.

 

Si l’on peut se réjouir des mesures annoncées par le Chef de l’Etat, il convient néanmoins de rester circonspect. Puisque rien ne dit que la Côte d’Ivoire s’en portera mieux et que la réconciliation nationale ira à son terme. Wait and see.

 

Tassigny Auriol

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