Abraham Badolo, président de l’Alliance pour la Défense de la Patrie (ADP)  fait un bilan sans concession de la gouvernance Kaboré et rappelle les défis qui attendent le successeur de Blaise Compaoré. Ci-dessous l’intégralité de sa déclaration.

Les lampions viennent de s’éteindre sur les deux années de pouvoir du Président Roch Marc Christian Kaboré. Deux années marquées par une crise structurelle et conjoncturelle sans précédent, signe que le pays est à la croisée des chemins. Notre pays a mal à sa gouvernance. Le bateau Burkina Faso vogue à vue dans un horizon sombre. Le seuil d’insatisfaction  a atteint un niveau inquiétant. Cette insatisfaction généralisée par rapport à la gouvernance actuelle que connait le Faso est révélatrice du tâtonnement dans la gestion des affaires publiques. Les promesses mirobolantes faites au peuple en période de campagne électorale pompeuse apparaissent progressivement comme une illusion. L’espoir exprimé par les populations au lendemain de l’insurrection populaire cède de jour en jour la place au désarroi et à la déception. La misère tient les Burkinabè par les  entrailles à telle enseigne que le scepticisme a pris le dessus sur la capacité du pouvoir en place à être une force de changement réel et profond. L’expression ‘’ plus rien ne va ‘’ est devenue le refrain favori entendu sur le territoire national. Le capitaine ayant la charge de conduire le navire Burkina Faso est en manque de vision devant la tempête qui se fait de plus en plus menaçante. Le naufrage s’annonce comme la destination sûre. C’est donc à juste raison quand l’ex-ministre Tahirou Barry affirme que « le président du Faso semble endormi au milieu d’un feu de brousse». Loin de nous l’idée de nous complaire dans une négation chronique, mais le douloureux constat de la gestion laxiste de notre pays aux plans politique, socio-économique et sécuritaire s’impose à  tous. Voici résumé succinctement la situation nationale :

  • une vie politique gangrenée par les guéguerres partisanes et mesquines;
  • une relance économique plombée ;
  • un front social en ébullition permanente marqué par une crise aiguë du système éducatif ;
  • une situation sécuritaire défaillante marquée par la résurgence des attaques terroristes ;

L’opinion se souviendra que pendant ces deux années de gouvernance du Président Roch, nous avons pleinement joué notre rôle de veille citoyenne  à travers plusieurs sorties sur la conduite du pays. Notre leitmotiv  est de rappeler à l’autorité les promesses faites aux populations pendant la campagne présidentielle passée et qui sont restées jusqu’à ce jour sans suite. Mieux, le Premier ministre, Paul Kaba Thieba et son gouvernement sont frappés par un immobilisme chronique. Le sport favori de ce gouvernement est d’affirmer sans ménagement que le Burkina Faso se porte bien et même est de retour. A entendre les récriminations acerbes de Emile Pargui Paré, membre de la direction du MPP, contre le gouvernement Kaba Thieba, il ne serait pas exagéré d’affirmer que le ver est déjà dans le fruit.

Les résultats du récent sondage d’opinion effectué par le centre pour la gouvernance démocratique (CGD) sur les deux années de gouvernance du Président Roch viennent confirmer l’insatisfaction générale qui se dégage avec une note de 4,75 de moyenne sur 10. Le résultat de ce sondage est clair et sans ambages, nous serions dans une école primaire, le Président Roch aurait été appelé à redoubler sa classe avec la mention médiocre.

Malheureusement, la culture de la démission n’a pas pignon sur rue dans ce pays, autrement les démissions au sommet de l’Etat devraient se faire en cascades après un tel camouflet.  Le temps joue actuellement contre le Président Roch. 2018 devrait être l’année de tous les défis, apporter de l’espoir, la santé, l’éducation, du pain et de la liberté aux populations ou préparer le lit de sa chute.

Puisse Dieu bénir le Burkina Faso.

Ouagadougou, le 28 décembre 2017

Président de l’Alliance pour la Défense de la Patrie (ADP)

Abraham Badolo

 

 

 

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