@Informateur.info- Le dossier sur les écoutes téléphoniques entre l’ancien président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro et le général burkinabè Djibril Bassolé, que l’on croyait refermé vient d’être rouvert par les allégations de Cherif Sy. Celui-ci a avoué lors de son audition,  dans le cadre du procès du putsch du 15 septembre 2015,  que l’ex-PAN aurait reconnu son implication dans lesdites écoutes. Ce qui ne manque pas de faire sourire quand on sait que ces écoutes ne sont qu’un épiphénomène par rapport à l’implication avérée de l’Etat de Côte d’ivoire dans le pronunciamiento.

Si le ministre de la Défense burkinabè Cherif Sy avait voulu faire le buzz, on peut dire qu’il a totalement raté son coup. En effet, en affirmant, pince-sans-rire, que Guillaume Soro aurait reconnu à Paris l’authenticité des écoutes téléphoniques, qui ont défrayé la chronique après le coup d’Etat du général Gilbert Diendéré, il est évident qu’il a prêché le faux. Parce qu’il est curieux, à tout le moins, que Guillaume Soro dont l’implication dans ces écoutes continue de faire débat, commette l’erreur de se confier à Cherif Sy. Par surcroit, un proche du pouvoir de Ouagadougou. Il aurait tout aussi bien pu aller se confesser auprès de Roch Marc Christian Kaboré. C’est la preuve que les allégations de Cherif Sy souffrent d’un manque de sérieux, puisqu’elles ont peu de chances d’être avérées. Pourquoi Soro se confierait-il à Sy qu’il n’a jamais considéré comme un cacique du régime de Ouaga alors qu’il avait et a même eu l’opportunité de rencontrer feu Salif Diallo au Luxembourg. Cette rencontre a tellement été médiatisée qu’il n’est pas nécessaire d’en parler encore. C’est de l’ordre de la banalité.

En revanche, l’on peut se demander pourquoi, Cherif Sy n’a pas cru bon de parler de l’immixtion de l’Etat ivoirien qui, elle, ne souffre d’aucun doute. En effet, selon les révélations de Mediapart en octobre 2017, du matériel de maintien d’ordre plus une enveloppe de 84 millions de FCFA ont été remis au cerveau du putsch, le général Gilbert Diendéré par son homologue ivoirien Vagondo Diomandé, alors mandataire des plus hautes autorités de l’Etat de Côte d’Ivoire. Diendéré a même affirmé que c’est en coordination avec le chef d’état-major particulier du président Ouattara, le général Vagondo Diomandé, que l’opération de récupération du matériel a été organisée à Niangoloko.

Pourquoi n’en parle-t-on pas? Et pourtant, c’est nettement plus important que les prétendues écoutes dont l’authenticité continue d’alimenter la polémique. D’aucuns pourraient alors objecter. Autant, on soulève la question de l’implication de Guillaume Soro, autant, il serait logique de faire un sort à la partition jouée par la présidence ivoirienne dans la même affaire. Dans un cas, il s’agit de simples communications, alors que dans l’autre, il est question de l’implication, du reste reconnue par Diendéré, du chef d’Etat-major du président Alassane Ouattara  dans le putsch du 15 septembre 2015. De quoi parle donc Cherif Sy?

A l’évidence, alléguer l’implication de Guillaume Soro dans cette affaire, en faisant abstraction de celle de l’Etat de Côte d’Ivoire cornaqué par le président Alassane Ouattara dénote un flagrant parti-pris que pourrait éclairer la brouille intervenue entre l’ancien PAN et le régime Ouattara désormais à ‘’je t’aime moi non plus’’. Ceci pourrait donc expliquer cela.

Jean François Fall

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