Lors de la traditionnelle fête du travail, organisée le 1er mai dernier, le Chef de l’Etat Alassane Ouattara a déclaré, sans sourciller, qu’il n’y a pas de ‘’prisonniers politiques’’ en Côte d’Ivoire. Au grand étonnement de l’assistance et de la majorité des Ivoiriens.

« Il n’y a pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire », a lancé Alassane Ouattara le mardi 1er mai 2018. Une déclaration qui en a sans doute surpris plus d’un voire choqué certains Ivoiriens. Puisque près de 300 partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo sont dans les liens de la détention sept ans après la crise postélectorale. Il est vrai que le pouvoir les considère comme des ‘’prisonniers de droit commun’’, mais la vérité c’est qu’ils sont des détenus politiques vu que le contexte dans lequel les infractions supposées qui leur sont imputées sont intervenues était politique. On comprend donc difficilement pourquoi le président Ouattara fait abstraction du contexte pour ne voir que les ‘’ méfaits ’’. Ne dit-on pas que le contexte détermine tout ? Il s’en suit que l’on ne peut ignorer les conditions qui ont présidé à la commission des ‘’crimes’’ présumés pour ne s’attacher qu’aux seuls ‘’délits’’. Au surplus, la personnalité de certains ‘’prisonniers’’ achève de convaincre de la nature de leur ‘’délit’’. De fait, qui pourra jamais faire croire que Mme Simone Ehivet Gbagbo, les ministres Assoa Adou, Danon Djédjé et tutti quanti, ne sont pas des prisonniers politiques ? C’est difficilement croyable. Dès lors, les tentatives du pouvoir pour faire passer ces personnalités pour de simples ‘’malfrats’’ sont quasiment vouées à l’échec. C’est comme si l’on voulait cacher le soleil avec la main. Exercice puérile, s’il en est. Ainsi en est-il de cette affirmation ou opinion selon laquelle ‘’il n’y a pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire’’. Ce n’est pas vrai. Tout simplement.

Tassigny Auriol

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