Mis aux arrêts et placé sous mandat de dépôt à  la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA) de Ouagadougou, au Burkina Faso,  après l’échec de ce qu’il est convenu d’appeler ‘’le coup d’Etat le plus bête du monde’’, le général Djibril Bassolé a   bénéficié d’une liberté provisoire le mardi 10 octobre 2017, soit deux années après le putsch.

Mais, ô surprise, le lendemain, mercredi 11, il était placé en résidence surveillée après que certaines organisations de la société civile aient manifesté pour ‘demander ‘’le retour de Bassolé en prison’’. Et pourtant, sa mise en liberté provisoire obéissait à un ‘’impératif de soins’’, vu que le détenu présente un état de santé préoccupant (il souffre d’une maladie coronarienne qui nécessite  une évacuation sanitaire). Il n’empêche, le pouvoir semble avoir agi sous la pression de la rue pour interférer via le Commissaire du gouvernement (le procureur militaire) dans une décision de justice.

Or, le même pouvoir disait respecter ladite décision dont il disait avoir ‘’pris acte’’. Cependant, le plus choquant, c’est moins la contestation de la décision de la Chambre de contrôle de l’instruction du Tribunal militaire de Ouagadougou que les conditions de la résidence surveillée à laquelle l’ancien dignitaire CDP est astreint. A la vérité, ce sont des conditions surréalistes qui jurent avec  le rang du célèbre détenu quasiment réduit à ‘’rester sur son grabat’’. Ce n’est pas étonnant que ses proches dénoncent un ‘’enlèvement’’.

Les conditions de cette résidence surveillée sont telles que l’on a le sentiment que le général Djibril Bassolet a été sorti d’une prison pour une autre. Pourquoi ne demanderait-il pas alors à retrouver sa cellule à  la MACA ? On comprendrait, vu que la liberté provisoire à lui accordée par la justice a été ‘’troquée’’ contre une résidence surveillée aux allures de ‘’cellule d’isolement’’.  De toute évidence, cette situation a le mérite de démontrer le ‘’lien de sujétion’’ qui existe entre l’exécutif et le judiciaire, en dépit des dénégations ‘’outrées’’ du régime Kaboré qui dit ‘’respecter la liberté de la justice’’.

René Ambroise Tiétié

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