@Informateur.info- Près d’un an après l’arrestation du Pdg de Kanis International, Inoussa Kanazoé et ses collaborateurs pour des faits, entre autres, de surfacturation, de tromperie au consommateur et de fraude fiscale, plusieurs questions restent sans réponse et méritent d’être tirées au clair. Parmi celles-ci, Informateur.info s’est attardé sur les faits de tromperie au consommateur. De quoi s’agit-il exactement quand on sait que ce volet particulier de l’affaire est pendant devant la chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Ouagadougou?

En creusant dans la multitude de charges du parquet du Tribunal de Première Instance de Ouagadougou, il ressort que la direction de Cimfaso avait introduit sur le marché des milliers de tonnes de ciment dont le reconditionnement violait les règles en vigueur au Burkina Faso. C’est que le ciment, vraisemblablement importé par Cimfaso pour la construction de son usine, s’est retrouvé recyclé et sur le marché. Le comble, selon nos informations est que ce ciment était vendu au consommateur en trompant sa vigilance sur son origine et sa nature.

En effet, selon une note du ministère du commerce, de l’industrie et de l’artisanat dont nous disposons d’une copie, la direction générale de la douane et ledit ministère avaient diligenté une mission en date du 30 mars 2017 à Cimfaso où elle a constaté un dépôt de 80.000 tonnes de ciment en vrac stocké dans deux magasins. Aussi la note du ministère du commerce enjoignait-elle Cimfaso de respecter les dispositions réglementaires de mise en marché des produits. En clair, le ministère exigeait de Cimfaso le dédouanement de ce ciment acquis en régime d’exonération, de reconditionner le ciment avec ses caractéristiques d’origine et de le préciser sur l’emballage. Aussi avant toute commercialisation le ministère exigeait également que la qualité de ce ciment une fois reconditionné soit certifiée par le laboratoire national du Bâtiment et des travaux publics.

Un an après les faits, l’on s’interroge si ce ciment de 80.000 tonnes importé a été correctement dédouané? La question mérite d’être posée quand on sait la propension de Inoussa Kanazoé à se faire des superprofits sur le dos de l’Etat Burkinabè. Le Ministère du Commerce et celui des Finances ont ils préservé les intérêts du consommateur et le paiement des taxes et impôts dus par Cimfaso à l’Etat dans cet épisode de « ciment reconditionné »? Ces interrogations dont nous espérons avoir des réponses des autorités compétentes pourraient éclairer l’opinion sur l’affaire Cimfaso en cours, faut-il le rappeler, devant la chambre d’accusation de la cour d’appel de Ouagadougou.

Jean François Fall

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