Abraham Badolo: « Le Burkina ne saurait prétendre au développement si le tissu...

Abraham Badolo: « Le Burkina ne saurait prétendre au développement si le tissu social est gangréné par l’exclusion »

122
0
PARTAGER
Abraham Badolo, président de l'ADP

Ce jeudi 09 mars, le président de l’Alliance pour la Défense de la Patrie (ADP), Abraham Badolo a animé une conférence de presse qui a tourné essentiellement autour des points saillants de l’actualité burkinabé, notamment, les questions de la liberté d’expression, de la réconciliation, de la sécurité nationale, etc.

Dans le langage qu’on lui connaît et avec la verve et le ton corrosif dont il est coutumier, Abraham Badolo, a chargé le pouvoir Kaboré à qui il reproche de faire entrave à la liberté d’expression. Il trouve que cela est inacceptable dans le Burkina nouveau. «Il est impensable que, dans le Burkina Faso de 2017 , un citoyen soit victime de menaces pour avoir donné une opinion sur des sujets d’intérêt national», s’est offusqué le président de l’ADP. Le conférencier a ensuite dressé un tableau préoccupant, pour ne pas dire plus, de la situation sécuritaire du Pays des Hommes Intègres devenu un terrain de jeu des djihadistes. «Les régions du sahel et du nord burkinabè sont en passe de devenir la chasse gardée des mouvements terroristes », a-t-il martelé. Avant de rappeler le double assassinat du directeur d’école et d’un habitant à Kourfayel, dans la province du Soum , œuvre des terroristes, le 03 mars dernier.

badolo

Pour Abraham Badolo, cette barbarie questionne la responsabilité du pouvoir en place qui a failli à sa mission régalienne de préservation de la sécurité des Burkinabè. « Cet ènième  assassinat vient  prouver, à souhait, l’inefficacité de la réponse apportée par le gouvernement Paul Kaba Thieba à cette catastrophe », a-t-il regretté. Badolo attribue cette situation à l’amateurisme dont font preuve, selon lui,  les nouvelles autorités qui, à l’aune de ces attaques, ont montré leurs limites dans la gestion du pouvoir d’Etat. « Cette situation sécuritaire chaotique est révélatrice  du tâtonnement et de la gestion approximative des affaires  publiques par le pouvoir en place », a chargé l’opposant. Il a ensuite abordé le volet réconciliation en déplorant la fracture sociale consécutive aux évènements des 30 et 31 octobre 2014 qui ont conduit à la chute du régime quasi-trentenaire de Blaise Compaoré. « Le pays ne saurait prospérer et prétendre au développement si le tissu social est gangréné par l’exclusion et la marginalisation », a rappelé le président de l’ADP. Qui a indiqué que la démocratie et la tolérance sont synonymes ; aussi invite-t-il  ses compatriotes à transcender leurs divergences et différences pour donner une chance au « vivre ensemble ». Il s’est, par la suite,  adressé au président du Faso qui a l’obligation, a-t-il indiqué, de réunir ses compatriotes autour des défis que leur impose le développement du pays ; sans exclusive, ni exclusion. «Le président Roch se doit de faire fi des clameurs partisanes pour rassembler les fils et filles du pays afin de mener ensemble le combat du développement », a conseillé  Abraham Badolo. Il s’est, pour terminer, attaqué à la question épineuse de la cherté de la vie. Pour lui, l’augmentation des prix des produits de grande consommation est une préoccupation majeure qui devrait interpeller le gouvernement. C’est pourquoi, soutiendra le conférencier, ‘’l’ADP s’insurge contre ces augmentations ‘’ au moment où ‘’la bourse des populations se détériore progressivement’’.

René Ambroise Tiétié

SANS COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE