Dans une déclaration rendue publique dimanche, le président du Faso Autrement, Dr Ablassé Ouédraogo compare le rejet de la carte consulaire à un crime et appelle l’opposition à s’unir contre ce code liberticide.

Dans un Etat de droit, le Code électoral doit garantir des élections libres, transparentes et équitables. Malheureusement, dans la forme, il se précise que la révision du Code électoral, notamment son article 52 portant sur les documents d’identification et de vote des Burkinabè résidant à l’étranger, ne se fera pas par consensus, comme il sied pour une loi aussi sensible, pour la préservation de la paix sociale, de l’unité nationale et de la confiance des acteurs politiques au système électoral. Le Code électoral doit garantir des élections libres, transparentes et équitables.

Dans le fond, cette loi modificative, restreindra le droit de vote des Burkinabè résidant à l’étranger en les contraignant à produire des documents d’identité et de vote qu’ils auront du mal à acquérir, à savoir la Carte nationale d’identité burkinabè et le passeport. Le rejet de la carte consulaire comme document d’identité pour les Burkinabè résidant à l’étranger par nos autorités aura pour conséquence immédiate de mettre de nombreux Burkinabè en situation de «sans-papiers» et les livrera aux tracasseries policières dans leurs pays d’accueil. C’est tout simplement criminel.

Le passage en force qu’utilisera le pouvoir MPP à l’Assemblée nationale pour l’imposer ne constitue ni plus ni moins qu’une manœuvre sordide et cynique du régime MPP pour exclure nos compatriotes résidant à l’étranger de participation aux élections prévues en 2020.

Sans être naïfs, nous comprenons que ces manœuvres pour exclure des prochaines élections les dix millions de Burkinabè vivant et travaillant à l’étranger dont au moins quatre millions sont en âge de voter, illustrent à suffisance la trouille qui tenaille le régime MPP et nos gouvernants de perdre les élections en 2020.

Pour nous en convaincre, rappelons-nous tout simplement que pour les élections du président du Faso du 29 novembre 2015, le champion du MPP, Roch March Christian Kaboré, n’avait recueilli que 1 669 214 des suffrages exprimés, soient 53,46 pourcent.

Depuis lors beaucoup de choses ont changé, dont entre autres le désamour grandissant entre le président Kaboré, «le président je m’engage » et son peuple avec lequel il est en parfait déphasage, d’une part et d’autre part, le grand vide laissé au MPP par le « Baroudeur » stratège hors pair dans l’histoire de notre pays, Salifou Diallo.

De ce qui précède et afin de rejeter l’exclusion de certains Burkinabè par d’autres Burkinabè, nous proposons comme réaction forte de toute l’Opposition politique ce qui suit :

  • La suspension immédiate de la participation des commissaires de l’Opposition aux travaux de la CENI afin de ne pas cautionner la mise en œuvre éventuelle d’une autre loi d’exclusion pour le cas où le projet de loi sera voté en l’état ;
  • L’organisation par l’Opposition, et au-delà de ce cadre, de la lutte pour rejeter cette loi modificative d’exclusion du Code électoral en associant toutes les forces vives de la Nation éprises de justice et l’ensemble du peuple Burkinabè patriote ;
  • Le refus de l’Opposition de participer au référendum pour l’adoption de la Constitution de la 5e République qui s’annonce pour le début de l’année 2019.

Encore une fois, la démonstration est faite que « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ». Pauvre peuple Burkinabè. Et au lieu de cultiver la division et la haine dans la population, travaillons résolument tous ensemble à ce que les Burkinabè se réconcilient entre eux et que le Burkina Faso se réconcilie avec lui-même. La réconciliation est une impérieuse nécessité pour notre pays et aussi un impératif catégorique pour la construction de la nation burkinabè.

Ouagadougou, le 29 juillet 2018

Dr Ablassé OUEDRAOGO

Président du Parti Le Faso Autrement

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