Mme Abdou Hadjia Fanta est la présidente d’un réseau de groupement de femmes nigériennes. En marge du séminaire des femmes leaders sur la culture de la paix qui se tient à Yamoussoukro, nous lui avons arraché quelques mots sur la présence des enfants dans les rangs de Boko-Haram.
Mme la présidente, comment expliquez-vous la présence des enfants dans les rangs des combattants de Boko-Haram?

Abdou Hadjia Fanta : La présence des enfants dans les rangs de Boko-Haram, c’est d’abord la pauvreté. Vous savez que le Niger est un pays enclavé et pauvre,  en termes clairs. Moi je suis de la région du Diffa à 1355 km de Niamey,  la capitale. Notre principale occupation c’est la culture. Nous cultivons le maïs, le riz, l’oignon et l’or rouge. Donc les pluies ont ravagé toutes ces cultures par des inondations. Les jeunes déscolarisés et non scolarisés ne faisaient que ces cultures. Ils sont livrés à eux-mêmes par les parents qui sont eux-aussi pauvres. Aussi par les administrations administratives et coutumières. Dans un pays voisin, le Nigéria où on partage les cultures et autres, il y a eu la présence des jeunes terroristes. Donc ils ont recruté nos jeunes, et le département le plus touché est celui de Diffa, le Bousso et le Nil du Lac Tchad. Une fois recrutés, on leur donne une moto et une somme qui varie entre 600 à 900.0000 FCFA. C’est ainsi qu’ils ont attiré tous les jeunes, les bras valides de notre région. C’est de là qu’est parti Boko-Haram. Ces sommes ne peuvent pas les enrichir, malheureusement ont leur a fait un lavage de cerveau et dressé contre leur propre peuple. Maintenant les partisans de Boko-Haram sont les fils de la région du Diffa. Ce sont des enfants qui sont entrain de lutter avec les forces loyalistes du Niger, leur propre pays. Voilà le départ de Boko-Haram.

Que font les autorités Nigériennes pour faire revenir ces enfants dans le droit chemin ?

AHF : Nous sommes en train de faire de la sensibilisation auprès de leurs parents afin qu’ils parlent à leurs enfants. Moi-même, les enfants de mon voisin, ceux de certains de mes parents y sont. Nous essayons de les sensibiliser, et avec l’avènement des téléphones mobiles, on essaie de communiquer avec eux, en les appelant à quitter où ils sont. Parmi eux, beaucoup veulent retourner au pays. Parce qu’ils n’ont pas ce qu’ils espéraient avoir. Surtout ceux qui ont pris conscience ou qui sont conscients veulent revenir au pays. Quand on arrive à les joindre sur leurs cellulaires, ils disent qu’ils sont prêts à revenir. Et nous les femmes, nous allons à la rencontre des politiques. Ils doivent nous donner des points de rencontre et les militaires iront les chercher, car ils sont pris en otage. Vous voyez, quand ces jeunes meurent et surtout quand nous les femmes nous sommes informées qu’un enfant est mort, nous sommes directement touchées.

Quelles sont vos attentes par rapport à l’atelier des femmes leaders sur la culture de la paix en Afrique auquel vous participez ici à Yamoussoukro?

Justement, c’est ce que je disais tout à l’heure lorsque je me présentais.  J’attends beaucoup de cet atelier. Parce que nous avons besoin de cette paix. Une fois chez moi, je vais d’abord rencontrer les femmes de mon réseau, mes voisines, les femmes de toutes les catégories socioprofessionnelles et leur dire voici ce que j’ai appris à Yamoussoukro, capitale de la paix et d’harmonie de la Côte d’Ivoire. Et nous allons davantage nous impliquer dans la sensibilisation. Lire la suite sur investigateur.net

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